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La vieille alliance


Avec les daims sauvages de Itsukushima, Japon

Pour ce premier billet, ce sont plusieurs récentes conversations avec nos clients qui m'ont inspirée. Quand on est uniquement en ligne, l'interaction directe avec les clients est relativement rare et généralement limitée à des questions d'ordre commercial. Quelquefois cependant, j'ai la chance d'avoir un réel échange et de parler de questions fondamentales, de véganisme, des animaux ou de géopolitique. C'est lors de divers échanges de ce genre que plusieurs clients ont récemment exprimé leur surprise de trouver une personne réelle au bout du fil, avec une éthique, un engagement, et pas juste une approche mercantile et un intérêt pour le profit, contrairement à ce à quoi ils s'attendaient. J'ai tout d'abord été très surprise par ces commentaires puis j'ai ensuite réalisé qu'effectivement, faire ses courses devant un ordinateur ne permet pas aisément de savoir qui est "derrière" la boutique en ligne et que, puisque j'évite généralement de me mettre en avant, peu de gens me connaissent et savent qui je suis. Avec réticence, j'avais ajouté une photo de moi sur le site web il y a deux ans (sous "qui sommes-nous" ayant aussi "l'avantage" d'être peu visible !) mais sinon, je n'aime guère cette culture du "moi", égocentrique, superficielle et éloignée de ce qui compte vraiment, à savoir les animaux, la compassion et la justice. Néanmoins, après avoir eu ces conversations, il m'a fallu admettre que pour ceux qui ne connaissent pas The vegan shop ou ne me suivent pas sur Facebook, je courais peut-être le risque d’être assimilée à un simple magasin sans âme, né la veille et surfant simplement la vague végane. Donc, une fois n'étant pas coutume et pour se fondre dans le paysage nombriliste, parlons de moi moi moi !

Je ne viens pas d'un milieu commercial et je n'ai pas fait de "Business Studies". Plutôt le contraire ! Uniquement animée par mes passions, j'ai fait des études de japonais à Paris, puis de langues celtes à la fac d’Édimbourg en Écosse. Après mon Masters, je me destinais à la recherche et à un doctorat que j'ai dû arrêter par manque de fonds et ma carrière a alors fait quelques détours par l'interprétariat juridique et la coordination événementielle avant de gérer une start-up écossaise. J'étais déjà végétarienne depuis longtemps lorsque j'ai quitté la France mais c'est à Édimbourg que j'ai commencé à militer et que je suis devenue végane en 2002 après avoir lu "Vegan Freak". Des années plus tard, la carrière de mon conjoint nous a ensuite conduit à rentrer en France et donc 20 ans après, me revoilà impatriée et là, oh la la...

Une carrière et des diplômes atypiques comme les miens n'étaient pas du goût des recruteurs français lesquels, contrairement à la Grande-Bretagne, ignoraient le concept de "compétences transférables" et trouver un job qui soit tolérable s'avérait compliqué. Et finalement tant mieux, car si j'avais trouvé un poste tout de suite, The vegan shop n'aurait certainement pas vu le jour. Donc, entre entretiens professionnels et recherche de poste, je passais mon temps libre à essayer de me rendre utile en militant pour les animaux japonais (après Fukushima en 2011) et prenais régulièrement part à diverses actions contre l'expérimentation animale mais surtout des actions "barquette" (meat tray actions). Je n'étais pas celle qui se retrouvait en culotte, recouverte de faux-sang dans une barquette géante sans bouger pendant des heures; moi, j'allais au devant du public, pour échanger, aider à la réflexion, amorcer un changement. La nature de l'action avait tendance à générer d'intenses réactions, souvent hostiles mais lorsqu'une petite lumière s'allumait derrière les yeux des gens qui venaient de faire le lien, et de devenir végane, c'était la béatitude. La petite graine venait de germer : quand je serai grande, je ferai quelque chose d'utile pour les animaux et le développement du véganisme. Voilà. 'Y avait plus qu'à...

La suite s'est en fait matérialisée assez rapidement : les produits que j'avais consommés pendant 20 ans en Écosse me manquaient et l'idée de les importer s'est imposée assez naturellement. Il était néanmoins important que j'affirme ma différence pour être originale mais aussi pour ne marcher sur les plates-bandes de personne : si j'allais avoir un magasin en ligne, il allait être complètement différent et proposer des produits inédits que l'on ne trouve pas ailleurs. L'idée est donc venue de nous spécialiser dans les produits de Grande-Bretagne et d'importer des articles inconnus en Europe tels que les premiers fromages véganes artisanaux (Nutcrafter, Tyne Chease, Mouse's Favourite) mais aussi de faire venir de grosses palettes des USA afin d'être les premiers en Europe à proposer les classiques américains tels que Tofurky, Daiya et Follow your Heart. The vegan shop était né et tout était clair, l'avenir tracé. Enfin presque. C'était sans compter sur le destin et son très foireux sens de l'humour qui m'offrait alors le parfait job désespérément recherché depuis mon arrivée, un poste de direction dans une agence de traduction. Il fallait réfléchir. D'un coté, un CDI intéressant, exigeant avec un bien joli salaire et de l'autre, un job végane sans garanties en territoire inconnu, pour travailler deux fois plus et gagner trois fois moins? Hmmmm..... Vous avez dit végane? "Tu m'as eu sur ton végane" diraient certains cinéphiles... Vous connaissez la suite.

Avoir une mission, être utile en étant le changement, promouvoir le véganisme, promouvoir la compassion. Aligner mon éthique à mon activité. Voilà, ce qui compte pour moi. Vous savez tout. Et non, je ne suis pas dans "le commerce". Je suis "dans le véganisme".

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